1914 : De Laure à Jules Isaac, la correspondance de l'arrière au front

En 1902, Jules Isaac obtient son agrégation d’histoire et se marie avec Laure Ettinghausen. Il a 37 ans et deux enfants lorsqu’il est mobilisé en 1914 au sein du 111e régiment.

Avant d’être blessé en 1917, il tiendra des carnets où il note son expérience de la guerre. En décembre 1914, l’année où il reçoit cette lettre de Laure, il écrit :

« Heureusement ce qui nous sauve, c’est le tempérament français, bon enfant, une gaieté de caractère qui tient lieu de ressort moral, le mot pour rire… »

Pour les poilus qui, contrairement à Jules Isaac n’ont pas de soutien et ne reçoivent pas de courrier de l’arrière, il y a les marraines de guerre. Il s’agit de femmes qui entretiennent des correspondances avec les soldats pour les soutenir moralement et parfois affectivement. Les marraines de guerre voient le jour en 1915 avec la création d’associations civiles comme La Famille du soldat ou Mon Soldat. Cette dernière est soutenue par Alexandre Millerand alors ministre de la guerre.

Pour en savoir plus :
- Les marraines de guerre

2014 : De Mathieu à Anne-Sophie, des lettres pour "s'expliquer en profondeur"

Anne-Sophie et Mathieu * ont respectivement 24 et 25 ans. Ils se sont mariés à l'été 2013 et ont emménagé ensemble dans le sud de la France, à Saint-Raphaël. Mathieu, militaire appartient au 21e RIMA (régime d’infanterie de la marine) de Fréjus.

Il est mobilisé pour une opération extérieure en République centrafricaine (RCA),d’octobre 2013 à février 2014. En octobre, la France a en effet décidé d’envoyer des militaires français en RCA en grande difficulté après qu'une coalition de rebelles a pris le pouvoir sur place.

Pendant ces mois, Mathieu et Anne-Sophie en plus de mails et de rendez-vous sur skype se sont entretenus comme Laure et Jules Isaac : par lettres. Etonnant en 2014 mais c’est un moyen de "s’expliquer en profondeur", justifie Anne-Sophie qui trouve qu’ “un mail, c’est un peu comme un long texto”.

Leurs courriers postés normalement avec des timbres français sont pris en charge par les bureaux postaux interarmées avant d’être acheminés par avion. L’achemeninement "dépend des conditions de sécurité sur place. Il ne faut pas être pressé", dit Anne-Sophie au sujet des lettres.

* Leurs prénoms ont été modifiés.