"Le Crapouillot et les torpilles"

A partir de 1915, le front se stabilise et le conflit s’embourbe dans une guerre de tranchées. L’infanterie française doit se doter d’une artillerie plus légère et plus maniable, pour faire face au redoutable Minenwerfer allemand ; le canon crache des projectiles de 4,5 kg à une portée allant de 300 à 1000 mètres. Le crapouillot - comprendre le mortier 58mm - s’impose dans les tranchées françaises. Les obus pèsent entre 16 et 45 kg. Avec une portée allant jusqu’à 1400m, la précision des tirs est incertaine. Comme l’explique le poilu Michel Lanson, de nombreux soldats français meurent sous les obus de leur propre armée.

"Dans la tranchée, le pis, ce sont les torpilles. Le déchirement produit par ces 50 kg de mélinite en éclatant est effroyable. Quand une d’elles tombe en pleine tranchée, et ces accidents-là arrivent, elle tue carrément 15 à 20 types. L’une des nôtres étant tombée chez les Boches, des pieds de Boches ont été rejetés jusque sur nos deuxièmes lignes." Témoignage de Michel Lanson , le 24 juin 1915.

Le mortier 120 mm : une "efficacité létale d'environ un terrain de foot"

Le MO 120mm RTF1 est une arme lourde. Avec une portée allant jusqu’à 13 km, le canon d’artillerie tire des projectiles explosifs, meurtriers sur une surface “d’environ un terrain de foot”. Le Lieutenant Pierre* engagé en Centrafrique, explique son utilisation :

“C’est l’unité combattante au contact avec l'ennemi qui demande un appui au mortier, pour se replier, détruire l'ennemi ou s’éclairer. Elle donne les coordonnées de la cible et le groupe mortier effectue des calculs pour le tir. Les obus tombent très rarement sur la cible du premier coup. L’unité mortier applique alors des corrections. Une fois bien ajusté, le tir peut être très précis”.

* Le nom a été changé.

L’armée a développé une application Web pour montrer la précision de cette arme :