1914 : « Le Lebel et sa Rosalie »

En 1886, le général Boulanger, alors ministre de la guerre, introduit le Lebel dans l’armée française. En 1914, il équipe pratiquement tous les fantassins français, de Verdun aux colonies françaises d’Afrique.

« Le Lebel et sa demoiselle Rosalie » – comprendre le fusil et sa baïonnette - révolutionne le combat. Fini le chargement balle par balle, le magasin du fusil permet d’en charger 10 d’un coup. La poudre « B », sans fumée, permet plus de discrétion. Le soldat n’est plus immergé dans un nuage de gris après chaque tir.

Mais le Lebel s’enraye rapidement avec la boue : un désavantage certain pour une guerre de tranchée. La « Rosalie », bien que meurtrière, est elle aussi peu pratique dans le confinement des tranchées. Baïonnette au canon, le fusil atteint 1m80.
Dès 1915, le Lebel est peu à peu remplacé par le fusil Bertier pour, à termes, le remplacer totalement. Globalement similaire au Lebel, il utilise les mêmes cartouches. Petite amélioration, le Bertier s’équipe de « lames-chargeurs ». Ces petites pièces en métal sur laquelle les poilus positionnent 5 balles permettent un chargement plus rapide.

2014 : Le FA-MAS, technologie has-been

Le FA-MAS – pour Fusil d’Assaut de la Manufacture de Saint-Etienne -, sort d’usine pour la première fois en 1973. Dix ans plus tard, il équipe l’ensemble de l’armée française. Conçu en laboratoires par des ingénieurs de haut niveau, le fusil est un bijou technologique. Sa petite taille le rend très maniable. Son mécanisme assure deux modes de tir : coup par coup et rafale. Avec 1000 coups par minutes, la cadence de tir est très élevée pour un fusil d’assaut.

Tous les acteurs du monde militaire s’accordent cependant pour dire qu’il n’est pas adapté aux réalités du terrain. Son entretien est complexe et une fois endommagé, il est irréparable. Le Famas n’a jamais été adopté par aucun autre pays, si ce n’est quelques États africains qui l’ont reçu en cadeau. Tous lui préfèrent sa version américaine, le M4, ou la célèbre Kalachnikov. Même le R.A.I.D et le G.I.P.N snobent le fusil français.

La production du FA-MAS a cessé en 2000. Laurent Collet-Billon, délégué général pour l'armement, a annoncé en février son remplacement « par une arme d’infanterie du futur, l’AIF », sans toutefois donner plus de détails.